Bonne lecture à tous, nous espérons que ce nouveau format vous intéressera !
Pendant près de vingt jours, j’ai suivi Mathéo Jacquemoud sur un projet hors norme : traverser l’arc alpin à ski, de Vienne jusqu’à Nice, en hiver et en moins de trois semaines.
Un défi immense, autant sur le plan sportif que logistique. De longues journées, des nuits courtes, des changements de massif permanents, une météo parfois extrême et surtout un rythme imposé par l’un des skieurs alpinistes les plus rapides du monde.
Mon rôle sur ce projet : documenter l’aventure pour en faire un film outdoor immersif. L’objectif était de produire des images cinéma tout en restant rapide, mobile et autonome sur le terrain. En montagne, le matériel vidéo ne doit jamais devenir une contrainte. Il doit permettre de réagir vite, de s’adapter aux conditions et de capturer les images même lorsque tout s’accélère.
Contrairement à un tournage classique, nous n’avions aucune base fixe. Pendant toute la traversée des Alpes, un van aménagé servait à la fois de lieu de vie, de station de recharge, de bureau de dérush, d’espace de sauvegarde et de refuge entre deux sections en montagne.
Certaines journées commençaient à l’aube à ski avant d’enchaîner plusieurs heures de route pour rejoindre un autre massif. Entre deux sessions : recharge des batteries, sauvegarde des cartes mémoire, préparation du matériel vidéo, nettoyage rapide des optiques et anticipation des prochaines conditions météo.
Dans ce contexte, le temps devient une ressource critique. Impossible de perdre une heure à réorganiser entièrement son setup vidéo outdoor. Tout doit être pensé pour être simple, fiable et rapide à utiliser.
Suivre un athlète comme Mathéo Jacquemoud impose également une vraie contrainte physique. Il faut skier vite, porter son matériel photo et vidéo, parfois monter pendant plusieurs heures et filmer dans le froid, le vent ou la neige. Un setup trop lourd devient immédiatement un handicap.
Pour ce tournage vidéo en montagne, mon objectif était clair : conserver un setup compact et léger capable de produire des images de haute qualité pour un véritable projet de film destiné à une diffusion cinéma. J’ai donc privilégié du matériel fiable, robuste et rapide à mettre en œuvre.
Mon boîtier principal sur cette traversée était le Sony A1 II.
Cet appareil photo hybride est particulièrement adapté aux tournages outdoor : compact, léger et capable de filmer en très haute qualité tout en offrant un capteur haute résolution pour la photo.
Lorsque je travaille depuis le van, j’ajoute une cage et un moniteur Atomos afin de gagner en confort et en précision sur l’image. En revanche, dès que je pars en montagne à ski, je simplifie au maximum : uniquement le boîtier et un petit micro compact afin de conserver un setup ultra léger.
Pour les optiques, j’ai utilisé 90 % du temps le Sony FE 16-35 mm F2.8 GM II.
Ce zoom grand angle est idéal pour le tournage en montagne :
Sous la neige ou la pluie, je garde toujours avec moi des sachets absorbeurs d’humidité afin de protéger le matériel après chaque sortie.
Une fonctionnalité particulièrement utile en tournage outdoor est le mode APS-C du Sony A1 II.
Grâce à un bouton personnalisé, je peux passer instantanément d’un équivalent 16-35 mm à un cadrage proche d’un 24-50 mm avec un crop x1,5 tout en conservant une excellente résolution d’image.
C’est un excellent moyen de gagner en polyvalence sans changer d’objectif en pleine montagne.
Sur un projet comme cette traversée des Alpes à ski, le drone est un outil essentiel. Il permet de montrer :
J’ai principalement utilisé le DJI Mavic 4 Pro. Même avec une seule batterie, il offre près de trente minutes d’autonomie, ce qui suffit largement pour ce type de tournage rapide. L’avantage d’un drone plus imposant qu’un modèle de la gamme DJI Mini est sa stabilité au vent, particulièrement utile en altitude.
Au-delà de 4 000 mètres, le froid et l’humidité peuvent rapidement provoquer du givre sur les hélices.
Mon astuce consiste à appliquer un léger spray silicone avant le décollage afin de limiter la formation de glace et préserver les performances du drone ainsi que l’autonomie des batteries.
En complément du boîtier principal, j’utilise plusieurs caméras embarquées pour capturer des plans immersifs et techniques :
Ces caméras d’action sont particulièrement utiles pour filmer directement depuis le casque de l’athlète, pour obtenir des plans POV dynamiques mais aussi pour continuer à filmer lorsque le terrain devient trop engagé pour utiliser un setup plus lourd.
Sur ce type d’aventure, les caméras embarquées permettent de ramener des images impossibles à capturer autrement.
Quand on regarde un film de montagne, on pense rarement à toute la logistique invisible derrière les images :
Pourtant, sur une expédition vidéo comme celle-ci, c’est une partie fondamentale du travail. Avec mon expérience des expéditions en Himalaya, j’ai appris à construire un workflow vidéo simple et autonome.
Je transporte toujours suffisamment de batteries pour tenir plusieurs jours :
J’utilise notamment des batteries type V99 pour recharger les boîtiers ainsi qu’une station Goal Zero pour alimenter ordinateur, lampes frontales et accessoires.
Récemment, je m’intéresse à la DJI Power 1000 Mini pour son excellent rapport poids/autonomie.
Par temps froid, les batteries se déchargent beaucoup plus vite.
Lorsque je ne filme pas, je garde toujours les batteries de drone, de caméra et de GoPro dans les poches intérieures de ma veste afin de conserver leur température.
Le stockage des données est probablement l’un des aspects les plus critiques d’un tournage de film en montagne.
Les fichiers vidéo 4K occupent énormément d’espace, surtout sur plusieurs semaines d’expédition. Il faut donc :
Après une longue journée en montagne, il faut encore prendre le temps de sécuriser toutes les images. C’est une discipline essentielle : une image non sauvegardée est une image potentiellement perdue.
Pour optimiser le stockage, je shoot souvent les photos en RAW compressé et les vidéos en 4K plutôt qu’en 8K.
Sur plusieurs semaines de tournage, cela représente des centaines de gigaoctets économisés sans réel impact sur la qualité finale du film.
Cette traversée des Alpes m’a rappelé une chose essentielle : en montagne, le matériel doit être pensé comme un prolongement du terrain.
Le bon setup vidéo n’est pas forcément celui qui permet de tout faire. C’est celui qui permet de faire les bons choix au bon moment :
Chaque batterie, chaque carte mémoire, chaque caméra embarquée et chaque objectif doit avoir une utilité précise.
C’est aussi pour cela qu’un revendeur spécialisé photo et vidéo fait toute la différence : comparer les boîtiers hybrides, choisir les bonnes caméras d’action, sécuriser son workflow de sauvegarde ou trouver des accessoires fiables peut totalement transformer l’efficacité d’un tournage sur le terrain.
Au final, l’objectif reste toujours le même : ramener les plus belles images possibles.
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